Τετάρτη 22 Σεπτεμβρίου 2010

La couleur de la jacinthe bleue

La page traduite suivante est le début d’un roman du romancier chypriote Christos Hadjipapas publié en 1989 intitulé . J’étais alors assistante culturelle au Centre Culturel français de Nicosie à Chypre et notre conseiller culturel, M. Depierris, lui-même poète, m’avait demandé de lui faire connaître les principaux romanciers et poètes chypriotes et de lui présenter quelques extraits traduits de leurs derniers romans. J’avais donc traduit entre autres la première page du dernier roman de Christos Hadjipapas. Ce roman avait été proposé avec deux autres romans d’écrivains chypriotes à Actes Sud en vue d’une publication éventuelle dans la série des Belles Etrangères.

Jacqueline Karageorghis
Professeur de français (1965-1992)et assistante culturelle (1986-1992) au Centre culturel français de Nicosie, Chypre

La couleur de la jacinthe bleue
par Christos Hadjipapas



Où notre héros reprend connaissance. L’hôpital
Οπου ο ηρωας μας ξαναβρíσκει τις αισθησεις του. Νοσοκομεíο

Réveil Ξυπνημα

Bien loin, sur l’horizon, la fenêtre était partagée en deux par la cime d’un cyprès. En bas, sur le rebord, reposait la ligne de crête que formaient les branches épaisses des eucalyptus. Vus de la situation d’un alité permanent, c’était des repères bien minces qui lui indiquaient qu’il se trouvait à trois cents mètres du lit sec du fleuve Pediaeos, le Pedias, comme on l’appelle à Chypre . Au-delà, un azur infini, Dieu le fasse d’azur, ce ciel, encapuchonné comme il l’était de grosse poussière venue avec le vent brûlant de cet été aride et raté.

Cette vue désertique, cependant, avait cessé depuis des jours d’attirer son attention. Il l’avait décortiquée dans sa tête comme une femme qui lui avait tourné la tête autrefois, mais dont il avait découvert depuis longtemps jusqu’au dernier secret. A présent, c’était quelque chose d’autre qui le tourmentait. Comme terrorisé il plongea sa main sous le drap, comme s’il s’y introduisait lui-même pour retrouver personnellement ce qu’il espérait y trouver C’était la cinquième fois, vous comprenez, qu’il essayait de le ressusciter, hélas, en vain. Même s’il alignait autour de lui dans un espoir d’insoumission des maîtresses aguichantes les lui faisant danser dans la demi-obscurité de l’œil, même s’il lui arrangeait des rendez-vous avec de timides vierges prudes dans l’ombrage du ravin desséché du Pediaios et l’allécher avec toute autre sorte de visions sexuelles ultraraffinées.
Quand, il y avait à peu près un mois, on lui avait enlevé une partie de ses plâtres et des pansements qui lui enserraient la tête, la ligne de crête des eucalyptus s’était alors vaguement découverte à lui. Il avait cru qu’une partie de sa vie était revenue de ce lointain voyage insensé. Voyage d’un instant et incroyablement long, jusqu’au bord de la mort. Son esprit était resté des jours sans se rendre compte de quoi que ce soit jusqu’à ce qu’il goûte, jusqu’à s’y habituer et même s’en dégoûter, au plaisir des fonctions premières et réclame que lui soient rendues les autres… celle-là, par exemple, l’essentielle.
L’autre, à coté, ronflait, tandis qu’à tout moment lui poussaient des bulles de sueur sur le visage comme si elles annonçaient la pluie suffocante d’un jour d’été,
« Tu as bien failli y passer, mon ami.. ». Il lui avait semblé entendre une voix toute adoucie comme dans le brouillard lui chuchoter avec la sympathie de quelqu’un de compatissant à un condamné, alors qu’il se réveillait d’une longue torpeur.
Une voix connue, si, bien sûr, si sa fonction auditive n’était pas, comme tant d’autres, diminuée. Les yeux, retranchés à l’arrière des pansements, ne pouvaient contribuer, oui, c’est bien ainsi qu’on dit, à la reconnaissance. Il se pressura le cerveau, le tortura pour qu’il se souvienne, jusqu’à ce qu’un mal de tête s’élevât comme une tempête dans sa tête. Longtemps il se tapa aux parois vides de sa tête comme si c’était un ballon gonflé d’air, jusqu’à ce que l’infirmière lui pince le bras.
Avant que le sommeil ne le cloue, il lui échappa quelque chose d’incompréhensible comme d’une écriture décolorée :
Trouée….. toujours…… reste. ..

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